Al-Andalus, le mythe d'une Espagne musulmane tolérante et multiculturelle

Pour justifier l'avènement d'une ère post-nationaliste, un monde merveilleux, multiculturel et multiethnique mondialisé, les Musulmans vivant en Europe et la gauche progressiste font l'apologie de l'Islam, la religion de paix et tolérance, afin de faire vivre un mythe qui n'a en réalité jamais existé : Al-Andalus, l'Espagne du Moyen-âge où Chrétiens, Musulmans et Juifs vivaient en paix et en harmonie entre le VIII et le XVème siècle.

Pour ces progressistes, des conquérants musulmans pacifiques seraient venus apporter richesse, science et bonheur aux populations chrétiennes prétendument arriérées.

La réalité, au regard des chroniques d'époque et des faits historiques est tout autre.
Les conquérants jihadistes musulmans qui ont occupé l’Espagne de 711 à 1492, ont provoqué pendant des siècles guerres entre factions rivales de chefs militaires arabes et berbères pour la conquête du pouvoir, des conflits ethniques et religieux, la destruction de villages, pillages d’Églises et de Synagogues, la persécution et la réduction en esclavage de populations locales chrétiennes et juives.



Pelayo, premier roi des Asturies et héritier d'une dynastie wisigothique, va initier la résistance contre l'envahisseur musulman. Son armée chrétienne se distinguera en particulier lors de la bataille de Covadonga en 722, dans le nord de l'Espagne, en battant les soldats Omeyyades venus de Cordoue. Il représente le symbole et le début de ce qui sera appelé la "Reconquista", la reprise de l'Espagne aux Musulmans.


La dynastie Omeyyade du califat de Cordoue qui succède aux premières conquêtes réalisées par les musulmans Abbassides, fut une campagne militaire dévastatrice de l'Espagne du sud vers le nord. Avec entre autres les califes Abd al-Rahmān I, Abd al-Rahmān III, et Almanzor de 750 à 1031.


L'ouvrage de l'historien Simon Barton, "Conquerors, brides, and concubines : Interfaith relations ans social power in medieval iberia", démontre l'importance de l'appropriation des femmes du camp ennemi, ce qui permet aux assaillants de consolider leur autorité et leur domination sur les populations opprimées.

Le premier conquérant musulman en Espagne, le chef Berbère Tariq Ibn Ziyad, exhorte son armée, dès son arrivée sur les côtes, en 711, par l'appât du gain des femmes, en ces termes :
"Vous avez entendu dire qu'il y avait dans ce pays de nombreuses ravissantes jeunes filles grecques, aux formes gracieuses drapées dans de somptueuses robes luisant de perles, de coraux, et d'or le plus pur, et elles vivent dans des palais royaux. Le Commandeur des vrais croyants, Al-walid, fils d'Abdal-Malik, vous a choisi pour cette attaque parmi tous ses guerriers arabes, et il vous promet que vous deviendrez ses camarades en obtenant le rang de rois de ce pays."
L'historien Al Maqqari - "Le souffle des parfums"

« Dhikr Bilad Al-Andalus », est un document arabe du XIVème siècle, un catalogue qui relate une multitude de campagnes militaires menées par le calife Almanzor en Espagne, et donne une place importante aux nombreuses femmes et enfants capturés par le hajib (chef religieux vérifiant la bonne application de la charia).
Lors de la mise à sac et de la prise de Barcelone en 985, le document relate que plus de 70 000 femmes et enfants furent mis en captivité et réduits en esclavage. A Zamora, en 981, plus de 40 000 femmes. A Pampelune, 18 000 femmes. De véritables razzia organisées, visant à noyauter et décimer des familles entières parmi les populations chrétiennes.
« Conquerors, Brides, and Concubines: Interfaith Relations and Social Power in Medieval Iberia » de Simon Barton – p35

Dans son ouvrage « Le mythe du paradis andalou » (livre en anglais), l’universitaire espagnol Darío Fernández-Morera, documents historiques à l’appui, démonte le mythe de l’existence d’une Espagne tolérante, fraternelle dans laquelle Musulmans, Chrétiens et Juifs auraient vécu pacifiquement pendant des siècles sous la bienveillance des lois islamiques :
« Dans la jurisprudence malékite, une esclave sexuelle achetée sur une place de marché, ou capturée dans un raid guerrier, ayant des rapports sexuels avec son maître, devient son esclave sexuelle, une « jariya » (ou djariya, une concubine)."

"Sous la dynastie Omeyyade, Al-Andalus est devenu un centre de commerce et d’échanges d’esclaves : jeunes femmes esclaves sexuelles, même quelquefois âgée de 11 ans, enfants mâles castrés pour devenir des eunuques dans les harems, enfants mâles capturés et entraînés dans des campements pour devenir des esclaves guerriers, hommes utilisés comme serviteurs ou travailleurs pour tout usage concevable, les êtres humains de tout âge et race étaient achetés et vendus.
Le prix d’un esclave dépendait de son âge, de son sexe, de sa race, et de ses capacités. Les esclaves blanches, en particulier les blondes, souvent capturées dans des raids menés sur les terres chrétiennes, étaient les plus recherchées. En 912, pendant le règne de l’âge d’or du Califat Omeyyade de Cordoue, le prix d’un esclave mâle noir était de 200 dirhams (pièces) d’argent. Une fille noire de Nubie étaient vendue pour 300 dinars d’or. Une femme blanche sans éducation coûtait 1 000 dinars d’or. Une femme blanche capable de chanter, valait 14 000 dinars.
La cour du Calife Abd-Al-Rahman III comptait 3 750 esclaves, un harem de 6 300 femmes, et son armée incluait 13 750 esclaves guerriers. »

Darío Fernández-Morera, « Le mythe du paradis andalou » p158-159


huile sur toile de Giulio Rosati (1858-1917)  « choisissant sa favorite » – Un riche marchand Musulman choisissant sa favorite dans son harem


Martyre de San Pelayo - Juan Soreda (1532) - Église de San Pelayo à Olivares de Duero

Le calife Abd-Al-Rahman III était « amoureux » d’un enfant chrétien capturé nommé Pelayo : refusant de se convertir à l'Islam et les avances sexuelles du Calife, Pelayo a alors été torturé, martyrisé et tué. Il est depuis des siècles fêté comme saint martyre de l'Église catholique (le 26 juin dans le calendrier).


L'historien andalou Ibn Hayyan relate également, dans son monumental ouvrage Kitab al-Muktabys du XIème siècle, la cruauté de Abd Al Raman III envers ses femmes esclaves :
"Abd Al Raman III était sujet à d'épisodes particulièrement violent envers les femmes de son harem, soumettant une infortunée concubine ayant rejeté ses avances dans son palais à Madinat al-Zahra à des abus cruels, ordonnant à ses eunuques de la maintenir pendant qu'il lui brûlait le visage avec une chandelle."


Suite à la campagne dévastatrice menée par le calife Almanzor sur la province de León en 988, la nonne Flora raconte dans un document conservé aux archives du monastère de Santiago daté du 28 décembre 1023, comment toutes les nonnes du monastère Sainte-Christine furent capturées et emmenées de force, Flora ayant pu s'échapper. On voit dans sa manière de relater les faits à l’époque, que la conquête islamique n’avait rien de véritablement pacifique :
« Sur le compte des péchés des Chrétiens, le peuple sarrazin, graine des ismaélites, a envahi toutes les provinces de l’Occident en ordre de bataille pour dévorer la terre, et frapper partout avec l’épée, afin de ramener des captifs; le serpent leur a donné la victoire.  Et ils ont abattu les villes, détruit les murs, nous ont foulé aux pieds, ils ont rasé les cités, décapité les hommes, et il n’y a pas une ville, un village, ou un château ayant survécu à cette dévastation. »

archives « El monasterio de Santiago de León » vol. VI p238, documents regroupés par María del Pilar Yáñez Cifuentes
(repris aussi par Simon Barton dans « Conquerors, Brides, and Concubines: Interfaith Relations and Social Power in Medieval Iberia
» p36)
Ce qui s'est passé au monastère de Santiago de León, a été répliqué à Saint-Jacques de Compostelle, Astorga, Zamora, Pampelune, Barcelone,... pendant les campagne de Almanzor sur les deux dernières décennies du dixième siècle.

A Zamora en 981, Almanzor brûle les Églises et détruit les monastères. En 997, il mène une expédition dans le nord-ouest de l'Espagne, pille et détruit la ville de Saint-Jacques-de-Compostelle, fait raser sa basilique.


Statue du calife de Cordoue Almanzor (937-1002), véritable persécuteur des Chrétiens, à Calatañazor, ville où il fut vaincu
par les forces réunies des rois de Navarre et de Léon, et du comte de Castille

L’idéologie islamique est profondément axée sur la conquête et l’asservissement des peuples de gré, (conversion ou soumission au statut de « dhimmi », une protection offerte contre un tribut, sous différents pactes) ou de force (exécution, persécution).
Après s’être rendues aux autorités musulmanes, pour rester en vie et ne pas risquer d’être persécutées, les populations chrétiennes et juives devaient signer un pacte de soumission. Le plus célèbre d’entre eux est le « pacte d’umar » imposé par un des premiers califes de l’Islam après la mort du Prophète Mohamed, qui servira de modèle aux différents califats d'Al-Andalus et jusqu’au milieu du XIXème siècle dans le monde musulman.

Typiquement, quelques exemples de conditions que devaient respecter les minorités religieuses chrétiennes et juives (dhimmis) soumises à ce pacte :
  • Nous ne construirons plus dans nos villes et dans leurs environs, ni couvents, ni églises, ni cellules de moines, ni ermitages. Nous ne réparerons point, ni de jour ni de nuit, ceux de ces édifices qui tomberaient en ruine, ou qui seraient situés dans les quartiers musulmans. 
  • Nous tiendrons nos portes grandes ouvertes aux passants et aux voyageurs. Nous donnerons l’hospitalité à tous les Musulmans qui passeront chez nous et les hébergerons durant trois jours. 
  • Nous ne donnerons asile, ni dans nos églises ni dans nos demeures, à aucun espion. 
  • Nous ne cacherons rien aux Musulmans qui soit de nature à leur nuire. 
  • Nous n’enseignerons pas le Coran à nos enfants. 
  • Nous ne manifesterons pas publiquement notre culte et ne le prêcherons pas.
  • Nous n’empêcherons aucun de nos parents d’embrasser l’Islam, si telle est sa volonté. 
  • Nous serons pleins de respect envers les Musulmans. Nous nous lèverons de nos sièges lorsqu’ils voudront s’asseoir. 
  • Nous ne chercherons point à leur ressembler, sous le rapport des vêtements, par la calotte, le turban ou les chaussures, ou par la manière de peigner nos cheveux. 
  • Nous ne ferons point usage de leur parler; nous ne prendrons pas leurs noms. 
  • Nous ne monterons point sur des selles
  •  Nous ne ceindrons pas l’épée. Nous ne détiendrons aucune espèce d’arme et n’en porterons point sur nous. 
  • Nous ne ferons point graver nos cachets en caractères arabes. 
  • Nous ne vendrons point de boissons fermentées. 
  • Nous nous tondrons le devant de la tête.
Exemple de la condition de dhimmis des Chrétiens dans l'Espagne musulmane Omeyyade sous Abd-Al-Rahman II, en 850 à Cordoue, le prêtre Perfectus est décapité pour avoir, dans un débat avec des Musulmans, blasphémé contre le Prophète Mohamed. Plusieurs Chrétiens sont par la suite massacrés.

Le magistrat de Séville Ibn Abdun pendant la période Almoravides (vers 1100), décrit les droits du dhimmi, Chrétiens et Juifs, dans son traité "Risala fi-l-qada wa-l-muhtasib", extraits :
"Le son des cloches doit être interdit en territoire musulman et réservé uniquement pour le pays des Infidèles"
"Il est interdit de vendre un manteau ayant appartenu à un lépreux, un Juif ou un Chrétien, à moins que l'acheteur n'ait été informé de son origine"
"Il est interdit de les croiser en les saluant "La Paix soit sur vous". En effet, "Satan les a dominés, et leur a fait oublier la promesse divine. Ils sont du parti de Satan, sûrement, ils seront les perdants !" (Coran 58:20)
"Un signe distinctif doit leur être imposé afin qu'ils soient reconnus, et qu'il soit pour eux une forme de disgrâce."
Les lois islamiques de la charia appliquée en Al-Andalus peuvent être également analysées succinctement, en étudiant quelques extraits de droits musulman de l'ouvrage "Bidayat al-Mujtahid wa-Nihayat al Muqtasid" du célèbre savant et juriste Ibn Rushd de Cordoue, plus connu sous le nom de Averroès (1126-1198) :
« Selon la majorité des savants, la nature obligatoire du Jihad est fondée sur le verset (coranique) [2 :216] : « Il vous est prescrit de combattre, bien que vous y répugnez ». C’est une obligation collective et non personnelle, soit une obligation, sauf quand elle ne peut être menée à bien par un nombre minimum d’individus, elle est annulée pour la préservation des musulmans, fondé sur [9 :122] »

"Les savants s’accordent sur le sort des polythéistes qui doivent être combattus. Cela est fondé sur [8 :39] « Combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de persécution et que la religion reviennent à Dieu totalement »

"Le dommage infligé à l’ennemi consiste à s’en prendre à ses biens, à le blesser ou à violer sa liberté personnelle, ou à le réduire en esclavage. Cela peut être infligé , selon le Consensus des savants (ijma’) à tous les polythéistes : hommes, femmes, jeunes et vieux, les notables ou personnes non importantes. L’opinion varie seulement sur les moines, qui doivent être laissés en paix et non captifs, et indemnes. Ils appuient cette opinion sur les mots du Prophète : « Laisse les en paix et aussi ce en quoi ils se sont consacré », et la pratique de Abu Bakr.« etc...

"La plupart des savants s’accordent sur le sort des captifs, plusieurs options s’ouvrent à l’Imam [ tête de l’Etat islamique, le calife, dans le sens des écrits d’Averroès]. Il peut leur pardonner, les réduire en esclavage, les tuer, les relâcher contre une rançon ou comme dhimmi, dans ce dernier cas le captif doit s’acquitter d’une taxe (jizya). (…) l’interprétation obvie du Coran [47 :4] « quand vous rencontrez les mécréants, frappez leurs cous, puis quand vous les avez largement massacrés, serrez bien leurs chaînes », l’Imam est le seul habilité à relâcher les captifs. "


On voit que les textes de lois coraniques de Al-Andalus diffèrent peu de ceux employés par Daech, l'État Islamique, au Moyen-Orient actuellement.

En dehors de son métier de juriste, Averroès faisait également de la philosophie et étudiait des traductions d'Aristote en langue arabe dont il a fait des études et des commentaires. Quand les autorités l'apprirent, il fut considéré comme hérétique, ses ouvrages furent brûlés et Averroès du s'enfuir d'Al-Andalus pour l'Afrique.
Sa pensée a été abandonnée par les Musulmans, tout ce qui reste de ce savant a été préservé et restauré par des Chrétiens et des Juifs dans le monde européen.


Extrait de la fresque "Le triomphe de Saint Thomas d'Aquin" de Andrea da Firenze (1365-1367) dans la chapelle Santa Maria Novella à Florence, montrant Averroès sous les pieds de Thomas d'Aquin, symbolisant la réfutation de sa philosophie par le célèbre docteur angélique.

La communauté juive vivant dans Al-Andalus a souvent été décrite comme riche et prospère. Cela pouvait être le cas pour certaines familles, pendant la période des taïfas en particulier, les rois musulmans préféraient avoir des Juifs que des Musulmans à des postes de hautes fonctions (vizir), parce que beaucoup d'entre eux avaient des compétences dans l'administration et les finances, et également par manque de confiance et peur d’être assassiné par un espion musulman d’un roi d’une taïfa adverse.
Dans beaucoup de villes, les Juifs vivaient dans des quartiers à part, les aljamas dans lesquels on rentrait par « la porte des Juifs » (Bab-al-Yahud). Les communautés pouvaient de fait, être mieux contrôlées par les autorités musulmanes.
Cela ne les préservaient pas pour autant des tensions avec les autorités musulmanes.
L’historien Ibn Bassam rapporte que un charpentier juif a refusé d’utiliser des outils parce que un Musulman s’en était déjà servi. Al-Idriss nous apprend que la partie centrale de la ville de Lucena était occupée par un quartier juif riche, où les Musulmans n’ont jamais pénétré.
Al-Suyuri rapporte dans une fatwa malékite, que des Musulmans ont refusé d’utiliser un puits de la ville dans lequel un Juif avait retiré de l’eau.
Darío Fernández-Morera - « the myth of the andalusian paradise
» p190

Les Juifs vivant dans l'Espagne musulmane ne furent pas plus épargnés par leur statut de dhimmi. Par exemple, le 30 décembre 1066, une foule musulmane prend d'assaut le palais royal de Grenade, crucifie le vizir juif, Joseph ibn Nagrela, et massacre la plus grande partie de la population juive de la ville. « 1500 familles juives, représentant environ 4000 personnes disparaissent en un jour ».

Le calife Almanzor restant sans descendance directe, le califat Omeyyade tombe en 1009, s'ensuit divers conflits mettant en prise Arabes et Berbères pour la prise du pouvoir, le califat de Cordoue est alors découpé en taïfas entre diverses factions islamiques rivales vers 1031 jusqu'en 1086.


Au XIème siècle, la résistance des Chrétiens s'organise à partir des royaumes du nord, la "reconquista", la reconquête militaire des territoires espagnols du nord vers le sud prend véritablement forme.



Véritable soldats fanatiques du Jihad, venus pallier les divisions entre Musulmans désorganisés et affaiblis, les almoravides conquierent les taïfas et réunifient Al-Andalus sous leur bannière. En 1090, Youssef ibn Tachfine, émir Almoravides s'empare de Cordoue, d'Almeria, de Séville. La domination des Almoravides en Espagne s'étend de 1086 à 1147.



Face à Youssef ibn Tachfine qui veut convertir de force tous les Chrétiens et les Juifs à l'Islam, les Chrétiens opposeront entre autres, un mercenaire qui deviendra champion de la cause chrétienne, Rodrigo Díaz de Vivar, surnommé El Cid Campeador (statue de la Plaza del Mío Cid à Burgos) qui stoppera l'avancée des jihadistes Almoravides, notamment par la prise de Valence.


La "Reconquista" chrétienne va être freinée sur la période d'unification de Al-Andalus par des islamistes de la dynastie berbère Almohades, en effet, profitant de l'affaiblissement de la dynastie Almoravide et l'assassinat de leur dernier chef, Abu Yusuf Yaqub al-Mansur et son père Abu Yaqub Yusuf conquièrent une partie de la péninsule et stabilisent leur pouvoir en étendant leur autorité entre 1147 et 1212 sur Al-Andalus.
 
Mais l'alliance des royaume chrétiens face à la menace islamiste devient irrésistible.
Dès la première moitié du XIIIème siècle, l'Espagne est quasiment reconquise, et pendant plus de 250 ans, seule subsistera le royaume islamique de Grenade, jusqu'à la prise définitive de la ville en 1492 par les Chrétiens.


Horace Vernet - La bataille de Las Navas de Tolosa - 16 juillet 1212 entre les Espagnols et les Maures (1817)
La bataille de La Navas de Tolosa
à l'initiative du roi Alphonse VIII de Castille, fut une grande victoire d'une coalition de royaumes chrétiens contre l'empire musulman almohades, et un tournant décisif pour la domination chrétienne sur l'Islam en Espagne.



« Moros y Cristianos », fêtes nationales célébrées depuis des siècles dans plusieurs provinces espagnoles (sur la vidéo à Elda, province d’Alicante, du 1er au 5 juin 2023) commémorant la victoire des Chrétiens sur les Musulmans, la « Reconquista » de leur territoire contre les califats islamiques.

Après la reconquête de leur territoire, et pour ne plus risquer de subir les lois islamiques de la charia, les Chrétiens imposent la conversion des Musulmans au Christianisme, ces derniers seront appelés Morisques.
Les Morisques, malgré leur conversion, ont continué à pratiquer l’Islam en secret pour une grande partie d’entre eux, restant ainsi fortement communautarisés et imprégnés de leur identité islamique.
A un tel niveau, que des révoltes de Morisques éclatent pour reprendre le pouvoir, la plus spectaculaire étant la révolte de Alpujarras qui dura quatre ans, de 1568 à 1571 dans le Royaume de Grenade, sous le règne de Philippe II d'Espagne.


"Jihad", l'ouvrage de Paul Fregosi, relate entre autres les périples du Morisque Fernando de Córdoba y Válor, qui se renommera Muhammad Ibn Umaiya, se prétendant descendant du Calife de Cordoue, il mènera le Jihad islamique contre Philippe II afin de rétablir le Califat dans les montagnes de Alpujarras à l’aide d’une armée de 40 000 hommes, de Turcs et de corsaires venant d’Alger. Terreur, pillages, razzia, viols et meurtres de Chrétiens sont alors perpétrés de manière sporadique dans les villages de la région de Grenade.

 
Don Juan d'Autriche armé - peinture de Alonso Sánchez Coello (1588)

Emmenés par l’infant Don Juan d’Autriche, les Espagnols réprimeront ces révoltes dans le sang, les Morisques seront dispersés, avant d’être définitivement expulsés d’Espagne quelques années plus tard, en 1609.
 
Les Morisques expulsés d'Espagne en 1609 - Embarquement des Morisques au port du Grao à Valence - Pere Oromig (1612-1613)

Al-Andalus fut finalement une entreprise vouée à l'échec en Europe, mais qui a réussi dans les pays musulmans.
En effet, en Afrique, les Chrétiens et les Juifs subissent une extinction inexorable, par l’interdiction de construction de nouveaux lieux de culte, les brimades et les persécutions. Au Maroc, les Chrétiens ne représentent plus qu’une population de 8 000 personnes, et il n’y a plus que 4 000 Juifs. 99,9% de la population marocaine est musulmane, autant dire que la présence du Christianisme et du Judaïsme est maintenant anecdotique. Tout comme en Algérie, où la communauté chrétienne est devenue pratiquement inexistante (0,2% de la population algérienne), le simple fait de posséder une Bible peut être passible de poursuites judiciaires.

La Turquie, berceau du Christianisme avec ses milliers d'Églises, époque byzantine, arménienne et anatolienne a vu sa population chrétienne fondre au cours des siècles : il y en avait encore près de 20% sur le territoire turc au début du XXème siècle, aujourd'hui... 0,2%.

Monseigneur Lefebvre ou la vérité de la foi catholique

Monseigneur Marcel Lefebvre (1905-1991) fut archevêque catholique de Dakar. En 1988, il est excommunié pour avoir sacré quatre évêques traditionalistes sans l'aval de Rome.
Qu'a-t-on reproché à Monseigneur Lefebvre ?
D'avoir refusé la réforme radicale proposée par le Concile Vatican II (1962-65) initiée par le Pape Jean XXIII.


Au cours des siècles, les matérialistes et humanistes ont voulu s'affranchir de la Parole Divine et façonner un homme nouveau en faisant table rase du passé, ce qui a donné naissance à de multiples courant idéologiques.
On peut citer principalement l'humanisme, le protestantisme, le jansénisme, la franc-maçonnerie, le communisme, le nazisme qui ont tenté depuis des siècles de détruire l'Esprit Saint de l'Église catholique.
Cet esprit conciliaire humaniste a trouvé son aboutissement dans le concile Vatican II.


En ayant la faiblesse de suivre ces courants de pensée matérialistes, les dignitaires du concile Vatican II ont en effet considéré qu'il était nécessaire de réformer le dogme, car il ne correspondrait plus au contexte historique et à la modernisation des sociétés, liée au progrès technique, économique et social.
   
Le concile Vatican II prétend que le dogme institué par les Papes depuis des siècles peut maintenant être modifié au gré des vents, des modes et des courants idéologiques du moment, il n'y aurait donc plus de vérité révélée par la Parole du Christ.


Or, le dogme catholique ne peut être réformé, car l'Église est en dehors du Monde terrestre, c'est la cité de Dieu, son rôle est de guider les hommes vers la voie du Christ, et ne pas céder aux diverses idéologies impies créées par l'homme, qui le détourne du chemin de Dieu, et donc du Salut.


Monseigneur Lefebvre a simplement voulu continuer l'enseignement de la doctrine de l'Église catholique, tel qu'elle lui fut transmise, et telle qu'elle fut enseignée pendant des siècles en suivant la doctrine des Pères de l'Église.


Monseigneur Lefebvre dévoile l'imposture du Concile Vatican II
 

Pour Monseigneur Lefebvre, seules les bonnes œuvres témoignent de la Foi, en suivant les traditions de l'Église catholique.

En particulier, Monseigneur Lefebvre et la plupart des Papes traditionalistes avant lui, ont clairement identifié et dénoncé les véritables fléaux du modernisme : le NATURALISME et le LIBÉRALISME.
Comme mode d'action,
Monseigneur Lefebvre a créé en 1970 la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, pour dénoncer la nouvelle religion issue du Concile Vatican II, qui n'a plus rien de catholique.


LE NATURALISME : NÉGATION DU SALUT DE L'HOMME ET DE SA PLACE SACRÉE AUPRÈS DE DIEU

Dans la genèse, l'homme est fait à l'image de Dieu, il a donc un statut particulier vis à vis des autres créatures de la nature, animaux et plantes.
Il est doué de conscience, et se doit de trouver le Salut, avoir soif de vérité, de justice et de miséricorde, pour mériter le repos de son âme auprès du Seigneur Jésus Christ. Il est également responsable du jardin que Dieu lui a transmis, la Terre.
La cheminement de l'homme sur Terre revêt donc un caractère Sacré.

Par opposition, le naturalisme considère que tout vient de la nature et que Dieu n'a aucun rôle interventionniste. L'homme n'est alors qu'une créature quelconque créée par le hasard, à l'instar du singe, de la souris, du pigeon ou de la mouche. 
  
  • AVORTEMENT
Parmi les conséquences désastreuses du naturalisme, la plus monstrueuse est sans aucun doute la légalisation juridique de l'avortement, en France à partir de 1975. La vie humaine ayant perdu son caractère sacrée, il est maintenant devenu possible d'y mettre un terme par la seule volonté de l'homme. Assassiner une créature innocente et sans défense dans le ventre de sa mère.

  • MARIAGE POUR TOUS
Le mariage est une institution établie depuis plus de dix siècles par l'Église catholique. Un homme et une femme se prêtent serment mutuels devant témoins et devant Dieu; se donner assistance, dans la confiance et le respect de chacun pour fonder une famille, comme dit dans les Écritures :
"C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair. Que l'homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint."
Marc 10:7-9

Cette institution religieuse a été reprise par la république laïque en 1792, après la révolution française, pour créer ce que l'on appelle le "mariage civil".
Son détournement la création de la cellule familiale pluriséculaire à la fin du XXème siècle dans plusieurs pays par la doctrine maçonnique autorise désormais deux femmes, deux hommes à se marier entre eux.
Dès lors, puisque son origine chrétienne a été dénaturée et pervertie, pourquoi limiter le mariage à un couple ? Pourquoi s'arrêter en si bon chemin, et ne pas autoriser la polygamie, si ces personnes s'aiment ?



Faut-il confier des enfants à des couples homoparentaux ?

  • ANTISPÉCISME
L'antispécisme est une dérive des idéologies progressistes liées au naturalisme.
Ne reconnaissant pas la prédominance de l'homme sur le reste de la nature, les antispécistes prétendent que toute vie animale a même droit d'existence qu'un être humain, il est donc interdit de porter préjudice à une quelconque espèce animale. Par conséquent, on ne peut la tuer pour la manger ou pour s'en débarrasser car nuisible.
La vie d'une mouche a alors autant de valeur que la vie d'un enfant. Écraser un moustique, tuer un poulet, empoisonner un rat sont des actes considérés comme criminels par les militants antispécistes, qui doivent être punis et interdits.

En Suisse, ce mouvement prend de l'ampleur, plusieurs boucheries ont été vandalisées par des organisations antispécistes qui veulent interdire la consommation de viande et imposer leur mode de vie à tous.



Débat sur l'antispécisme et le véganisme qui montre l'hystérie et le danger de ces idéologies destructrices.

Affiche antispéciste de l'organisation L214 qui criminalise la mort de tout animal.


En France, le mouvement s'étend également, notamment dans les abattoirs, en particulier par des manifestations devant les boucheries traditionnelles. Récemment, à Normandel, dans l'Orne, trois poulaillers sur une surface de 2 200 m² ont été totalement détruits par un groupe d'intervention antispéciste.
Sur les bâtiments incendiés, on a trouvé les inscriptions « assassins », « camp de la mort ». Un poulailler serait donc un camp de concentration nazi, et les antispécistes, des résistants venant délivrer ces animaux !


Qu'il y ait une industrialisation de masse, qu'il existe une maltraitance animale, c'est une réalité, elle doit être condamnée, mais cette dénonciation ne doit pas être confondue avec l'idéologie mortifère qu'est l'antispécisme.


LE LIBÉRALISME : LA TOUTE PUISSANCE DE L'HOMME CONTRE DIEU

Le libéralisme, doctrine induite progressivement par l'humanisme, veut débarrasser l'homme de la contrainte de ses devoirs envers Dieu. Il serait seul capable de s'assumer et de décider quelle est la bonne route à suivre.
Une hérésie aux conséquences terribles dans le monde moderne.

  • ŒCUMÉNISME
Comme il n'y a plus de routes véridiques, l'œcuménisme consiste à dire que le dialogue inter-religieux est une nécessité, et que toutes les religions auraient une part de vérité, qu'il faut savoir écouter. Le Christ n'est alors plus qu'un siégeant parmi d'autres, et n'invite plus à la conversion à la Parole de Dieu, car toutes les religions se valent.
Ceci allant bien évidemment contre les Évangiles, et le message de Jésus :
"Je suis le chemin, la Vérité, et la Vie, nul ne vient au Père que par moi".


Mgr Lefebvre dénonce l'œcuménisme

"Jésus, s'étant approché, leur parla ainsi: Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde."
Matthieu 28:18-20

À partir du concile Vatican II, la vraie religion n'est plus l'Église catholique, la parole du Christ n'est plus la direction à suivre, puisqu'elle n'est qu'une voie parmi d'autres.
Cette hérésie
, destructrice qu'est l'œcuménisme, est une véritable insulte aux millions de martyrs chrétiens qui ont sacrifié leurs vie parce qu'ils voulaient suivre la voie du Christ.
Depuis Vatican II, les Papes ont perverti le message du Christ, en s'abaissant même à promouvoir les pires sectes sataniques, comme l'Islam.
Au lieu d'appeler les musulmans à s'éloigner du démon, comme le prêchait déjà Saint François d'Assise il y a exactement huit siècles, afin de se rapprocher de Jésus "Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur; et vous trouverez du repos pour vos âmes."

Les Papes du concile Vatican II induisent les âmes en erreur, en s'alliant aux loups ravisseurs habillés en vêtements de brebis.



«Les musulmans sont nos frères dans la foi au Dieu unique»
discours aux musulmans du Pape Jean-Paul II, Paris 31 mai 1980


Rappelons ce que dit le Coran sur les Chrétiens :
"les Chrétiens disent : "Le Christ est fils d'Allah". Telle est leur parole provenant de leurs bouches. Ils imitent le dire des mécréants avant eux. Qu'Allah les anéantisse ! Comment s'écartent-ils (de la vérité) ?"
Le Coran - At-Tawba (le repentir) 9:30



Monseigneur Lefebvre nous alerte sur les dangers de l'Islam.

Cet aveuglement idéologique qu'est l'œcuménisme ouvre la porte à toutes les dérives.


Le 4 février 2019 à Abou Dhabi, le Pape François signe avec le prédicateur antisémite et homophobe Ahmed Al Tayeb, imam et représentant de l'université coranique d'Al Azhar en Égypte, un texte commun pour condamner les discriminations contre les minorités religieuses.
Ce texte permet de criminaliser toute attaque contre l'Islam et le Coran, et de diffuser l'idéologie islamique sans contraintes, avec la caution morale de l'Église catholique.
Rappelons que Ahmed Al Tayeb déclare publiquement que, "tout le monde déteste les Juifs", "l'apostasie est un crime, les apostats non repentis doivent être tués", "sans l'Islam, l'Europe serait restée dans l'obscurantisme total", "le voile islamique est une obligation" ou encore dénigre le vicaire du Christ en affirmant que "le Pape n'est pas dérangé quand plusieurs millions de musulmans sont tués".

Le Pape François, en ne dénonçant pas cette idéologie, pire, en s'associant avec un dignitaire de l'Islam aussi intolérant, officialise une union œcuménique avec l'organisation islamique Al-Azhar, et commet une hérésie contre l'Église catholique, puisqu'il conduit les brebis hors de la bergerie, au lieu de les guider vers le chemin du Christ.


«car si vous mourez en respectant votre loi, vous serez perdu. Dieu n’acceptera pas votre âme. Pour cette raison, nous sommes venus vers vous.»
Saint François d'Assise appelle à la conversion du Sultan al-Malik al-Kamil à la Parole de Jésus lors de son entretien en 1219 à Damiette. Le Pape François trahit le message de son illustre homonyme en s'associant à l'hérésie islamique.

Lors des Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ), le Pape François a nié la violence intrinsèque des textes coraniques, en déclarant que « Si je parle de violence islamique, je dois parler de violence catholique ».
Le Pape François rejette ainsi tous les enseignements de l'Église catholique transmis par ses prédécesseurs, qui de Urbain II à Saint François d'Assise, en passant par Saint Thomas d'Aquin et Bossuet, avaient tous condamné l'Islam en tant qu'idéologie criminelle.

  • LITURGIE RÉFORMÉE, RETOUR DU PAGANISME
Comme Jésus n'est plus la seule voie de Salut pour l'homme, les sacrifices et la liturgie traditionnelle perdent tout leur sens.
Cela génère la résurgence au sein de l'Église catholique des religions païennes comme le "new âge", le panthéisme, la nature élevée au rang de Dieu.
Le document préparatoire du synode sur l'Amazonie "Instrumentum Laboris", qui aura lieu du 6 au 27 octobre 2019, révèle des hérésies incompatibles avec le magistère de l'Église catholique, comme la Foi en un Dieu Père-Mère Créateur.

"Il faut comprendre ce que l’Esprit du Seigneur a enseigné à ces peuples tout au long des siècles : la foi en Dieu Père-Mère Créateur, le sens de la communion et de l’harmonie avec la terre, le sens de la solidarité avec ses compagnons, le projet du “ bien vivre ”, la sagesse de civilisations millénaires détenue par les anciens et qui joue sur la santé, la vie en commun, l’éducation, la culture de la terre, la relation vivante avec la nature et la “ Mère Terre ”, la capacité de résistance et de résilience en particulier des femmes, les rites et les expressions religieuses, les relations avec les ancêtres, l’attitude contemplative et le sens de la gratuité, de la célébration et de la fête, ainsi que le sens sacré du territoire"
[...]
"Les nouveaux chemins d’évangélisation doivent être construits dans un dialogue avec ces sagesses ancestrales dans lesquelles se manifestent des semences du Verbe."
[...]
"Il y a donc un vaste et nécessaire champs de dialogue entre les spiritualités, les croyances et les religions amazoniennes qui exige une approche cordiale des diverses cultures. Le respect de cet espace ne signifie pas relativiser ses propres convictions, mais reconnaître d’autres chemins qui cherchent à percer le mystère infini de Dieu. L’ouverture non sincère à l’autre, de même qu’une attitude corporatiste, qui ne réserve le salut qu’à sa propre foi, détruisent cette même foi."

Même le célibat des prêtres est remis en cause dans cette étude :
"Tout en affirmant que le célibat est un don pour l’Église, on se pose la question de savoir si, pour les zones les plus reculées de la région, il ne serait pas possible de procéder à l’ordination sacerdotale de personnes aînées, préférablement autochtones, respectées et acceptées par leur communauté, même si elles ont une famille constituée et stable, dans le but de garantir la possibilité d’offrir les Sacrements qui accompagnent et soutiennent la vie chrétienne."

Le célibat des prêtres est instauré depuis des siècles dans la tradition de l'Église catholique, il ne peut être remis en cause.
Le prêtre est l'officiant qui prend la place du Christ lors de la liturgie, en particulier lors de l'Eucharistie, et ne peut être marié, car il est pleinement et entièrement dans l'Amour du Christ, il est par essence même le modèle à suivre pour les laïcs, et signifie ce que sera leur destinée dans le Royaume des Cieux.




Dieu a tant aimé l'Humanité qu'il a envoyé son Fils Jésus Christ donner sa vie sur la Croix pour ôter les péchés du Monde et sauver les hommes par le salut et la grâce. Ce Sacrifice extraordinaire est nié par le Pape François, qui prétend que la vie de Jésus s'est achevée sur un échec, l'échec de la Croix !

  • LE MONDIALISME
Le libéralisme est le moteur de la puissance économique, du monde de l'argent, favorisant la réduction des hommes à de simples consommateurs lambda interchangeables, sans histoire, sans identités, sans valeurs spirituelles.

Les nations, la famille, les valeurs patriotiques, religieuses, culturelles et identitaires, le sens de l'honneur, deviennent alors des obstacles à la puissance de l'économie de marché, une entrave à la libre circulation des biens et des hommes, car ils freinent l'uniformisation et le formatage des esprits désirés par les constructeurs de la Tour de Babel (diffusion de McDonald's, uniformisation des tenues vestimentaires et des films de propagande américains, etc...).


Monseigneur Lefebvre dénonce la création d'un gouvernement mondial maçonnique, au Bourget, le 19 novembre 1989


Pour Jacques Attali, le gouvernement mondial aura pour capitale Jérusalem


Mise en œuvre de la gouvernance mondiale, réunissant 65 chefs d’État et de gouvernement ainsi que dix dirigeants d’organisations internationales durant trois jours à La Grande Halle de La Villette à Paris en novembre 2018 


  • PROCRÉATION MÉDICALEMENT ASSISTÉE (PMA), GESTATION POUR AUTRUI (GPA)
Le libéralisme a entamé la destruction de la cellule familiale pluriséculaire instaurée par l'Église catholique dans la civilisation européenne, vue qu'elle n'a plus à être composée d'un couple homme/femme, par la légalisation du mariage pour tous.
Cela ouvre la porte à la marchandisation des corps et des êtres humains, vu qu'un couple homoparental ne peut naturellement avoir d'enfants.
Une victoire des droits de l'homme donc, de l'individualisme et de l'égoïsme, au détriment des droits naturels de l'enfant à avoir un père et une mère.
La médecine sort alors de son cadre légal, car elle exerce ses actes non plus pour sauver des vies,  mais pour soumettre l'enfant à l'expérimentation en laboratoire.

En Europe, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Grèce, le Danemark, la Roumanie ont déjà légalisé la GPA sous certaines conditions.
C'est-à-dire que la loi permet de manière déguisée ou pas, d'acheter pour des milliers d'euros, le ventre d'une femme pour y faire naître un enfant qui n'est pas le sien.

Aux USA, au Canada, des organisations proposent la GPA, en donnant à n'importe qui la possibilité d'acheter un bébé sur Internet, l'organisation d'un véritable commerce très lucratif à l'échelle internationale (mères porteuse du tiers-monde, avec l'Inde par exemple, le marché est estimé à un milliard d'euros par an !) avec en option, choix de la race, couleur des yeux, des cheveux,etc...).


Commercialisation des enfants sur un site Internet de GPA canadien, proposant ses services en Europe.
  
Donner la vie a un coût très élevé pour la femme : gestation de neuf mois, souffrance à l’accouchement, ce qui créé une relation fusionnelle unique entre la mère son enfant, magnifie la joie de le tenir dans ses bras, et rend le pouvoir de donner la vie d’autant plus Sacré.
Aujourd’hui, les femmes ne souffrent plus pour enfanter et veulent acheter leurs enfants sur Internet, la disparition du Sacré réduit l’enfant à un vulgaire meuble IKEA, échangé sur les bourses aux enfants, parce qu’il n’est pas sage, trop bruyant ou ne fait pas ses nuits, etc...
L’attachement fusionnel et sacré est brisé.
Le tissu familial, la transmission de l’héritage, socles de la civilisation occidentale pendant près de deux millénaires sont en train de s’effondrer sous les coups de boutoirs du socialisme progressiste issu du libéralisme.

  • NON RESPECT DE LA NATURE
"Il dit à l’homme: «Puisque tu as écouté ta femme et mangé du fruit au sujet duquel je t’avais donné cet ordre: ‘Tu n’en mangeras pas’, le sol est maudit à cause de toi. C’est avec peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie.
Il te produira des ronces et des chardons, et tu mangeras de l’herbe des champs.
C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, et ce jusqu’à ce que tu retournes à la terre, puisque c’est d’elle que tu as été tiré. Oui, tu es poussière et tu retourneras à la poussière.»

Genèse 3:17-19

Les adeptes du libéralisme veulent s'affranchir du péché originel, en prenant la place de Dieu, ils s'arrogent le droit de modifier les règles de la nature pour le confort de l'homme, et de s'éviter ainsi le travail de la terre :
culture intensive sous serre, sols sous perfusion aux pesticides dont on a ôté toute trace de vie, nourriture transformée et contaminée (arômes artificiels, émulsifiants, colorants, édulcorants, épaississants, gélifiants, exhausteurs de goût, conservateurs, polyphosphates,...), pollution des nappes phréatiques, destruction des paysages naturels et des océans par la mise en place de parcs éoliens sous la bénédiction des écologistes (des millions de tonnes de béton injectés dans les sols et les fonds sous-marins détruisent des écosystèmes par milliers).

Dieu donne à l'homme le jardin pour qu'il le cultive, qu'il profite de ses fruits, de sa production, mais pas pour le détruire, car la nature est un cadeau de Dieu pour l'humanité :
" L'Éternel Dieu prit l'homme, et le plaça dans le jardin d'Éden pour le cultiver et pour le garder."
Genèses 2:13

Il n'est pas permis de faire n'importe quoi avec la terre cultivable, il faut même la laisser se reposer (jachère) :
"Pendant 6 ans tu ensemenceras ton champ, pendant 6 ans tu tailleras ta vigne et tu en récolteras le produit. Mais la septième année sera un sabbat, un temps de repos pour la terre, un sabbat en l’honneur de l’Éternel: tu n’ensemenceras pas ton champ et tu ne tailleras pas ta vigne, tu ne moissonneras pas ce qui proviendra des grains tombés de ta moisson et tu ne vendangeras pas les raisins de ta vigne non taillée.
Ce sera une année de repos pour la terre."

Lévitique 25:3-5


Une idéologie, issue du libéralisme, destructrice de la vie et de la nature : le véganisme


Cet article est un hommage à Monseigneur Lefebvre, rejeté et dénigré par le pseudo-concile Vatican II, pour avoir voulu défendre sa Foi catholique : transmettre ce qu'il avait reçu.

Comment l'Église catholique a fait émerger les sciences rationnelles en Europe occidentale

On considère souvent les rapports entre l'Église catholique et la science comme conflictuels, voire incompatibles. Mais qu'en est-il réellement ? Pourquoi la science moderne ne s'est-elle développée que dans le monde chrétien, à partir du Moyen-âge ?
Étudions la question.





Cours de géométrie - Enluminure illustrant une traduction médiévale des Éléments d’Euclide (1310) The British Library Burney

Les penseurs et philosophes des civilisations sumériennes, mésopotamiennes, assyriennes, chinoises, égyptiennes, grecques, romaines, perses, arabes ont observé les étoiles pendant des millénaires, traçant des cartographies précises du ciel, relevant méticuleusement les trajectoires des planètes parmi les constellations, calculant les périodes d'équinoxes et de solstices...
Alors pourquoi aucune loi scientifique n'a-t-elle été trouvée par ces civilisations, certaines ayant plusieurs siècles d'existence ? Pourquoi ces savants sont ils restés muets devant les messages de la nature, incapables de les déchiffrer et de proposer des principes scientifiques universels, en restant sur une méthodologie descriptive intégralement empirique tout au long des siècles ?

LE PAGANISME, OU LA DÉIFICATION DE LA NATURE

Les sciences païennes, si on peut parler de sciences (mésopotamiennes, asiatiques, égyptiennes, grecques, romaines, perses, arabes, mayas, ...) sont basées sur l'observation de la nature et de leurs Dieux magiques (Dieu du Soleil, de la Lune, de la Terre, du Vent, de la Mer, de la Forêt,..). La déification des phénomènes naturels empêche chez les penseurs la construction d'une méthodologie scientifique rigoureuse pour comprendre les lois de la nature, tout simplement parce que des Dieux ne peuvent être soumis à une quelconque loi physique ou mathématique. Les dogmes formulés restent donc empiriques.

La science se construit alors sur la magie et l'alchimie. Le monde aristotélicien des philosophes grecs repose essentiellement sur les quatre éléments (feu, terre, eau, air) composant le monde, les trajectoires rectilignes du monde corrompu sublunaire, et parfaitement circulaires dans le monde pur de l'au-delà, la théorie des humeurs en médecine (Galien, Hippocrate). Ces dogmes présentent des incohérences totalement irrationnelles du point de vue de la formulation scientifique mathématique.

Plus foncièrement, le paganisme hérite du monisme, les Dieux et la nature ne forment qu'une seule et même entité, qui ne peut donc être soumise à des lois rationnelles et scientifiques.

Ce paganisme, qui freine le développement scientifique depuis des siècles, va être combattu de manière radicale par l'Église catholique.

L'ÉGLISE CATHOLIQUE CONDAMNE LE PAGANISME

Dès la genèse du christianisme, les fidèles respectant les Évangiles seront confrontés aux hérésies païennes : en refusant l'adoration des Dieux païens et les sacrifices, ils seront marginalisés et très longtemps persécutés, en particulier sous l'empire romain, de 60 à 310, par les empereurs Néron, Trajan, Hadrien, Antonin, Marc Aurèle, Dèce, Valérien, Dioclétien pour ne pas avoir voulu adorer les Dieux de la nature.
Le dogme de l'Église catholique va tout mettre en œuvre pour mettre fin à ces hérésies païennes. Christ Jésus, sauveur de l'Humanité, sacralise la place de l'homme au sein de la nature, car il est fait à l'image de Dieu.
Il y a transcendance de l'esprit humain sur la nature. Cette
transcendance s'oppose au monisme.
Dieu donne à l’homme le jardin pour qu’il le cultive, profite de ses fruits, de sa production, en prenne soin et le garde :
"L’Éternel Dieu prit l’homme, et le plaça dans le jardin d’Éden pour le cultiver et pour le garder."
Genèse 2:13

Avec le Christianisme, la déification de la nature cesse d'être un dogme.


LA RÉINCARNATION CYCLIQUE ET INFINIE DES RELIGIONS ASIATIQUES NIE LE SALUT DE L'HOMME

Dans la plupart des religions païennes, en particulier indiennes et asiatiques, l'homme est sujet à la réincarnation. Il est enfermé dans un cycle périodique infini, source de philosophies non progressives.
L'esprit de l'Asie se répercute sur la symbolique, globalement cyclique, circulaire, qui stagne dans le temps long et répétitif.
Il ne peut y avoir de recherche du salut de l'homme, puisqu'il est condamné à se réincarner indéfiniment.


Le grand symbole de l'Orient qu'est le serpent se mordant la queue (Ouroboros) représente typiquement cette idée de récurrence, commune aux philosophies et religions asiatiques, comme la roue symbole du Bouddhisme (Dharmachakra) et sa Réincarnation, les cycles de 4 200 000 ans du Yuga qui se répètent à l'infini, ou encore le Yin et le Yang.
Cette forme circulaire inclut tout : le début et la fin, retourne vers le néant pour renaître à nouveau. Elle condamne donc l'homme à une errance éternelle, sans but.


Dans la symbolique chrétienne, au contraire, la Croix étend ses bras vers l'Autre, invite à la recherche du bien, de la justice pour le salut de l'âme.


LA RECHERCHE DU SALUT INVITE AU QUESTIONNEMENT ET S'OPPOSE À LA RÉINCARNATION

Dans la Bible, Dieu questionne l'homme et l'invite à trouver le salut :
"Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée; et on n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison."
Matthieu 5:14-15

L'homme n'a qu'un passage sur Terre, donc qu'une seule chance de se réaliser, il sera alors jugé sur ses actes (Apocalypse).




James Clerk Maxwell est un des plus grands physiciens du XIXème siècle et de tous les temps, il est connu pour l'application des statistiques et des probabilités à la théorie des gaz, ce qui fait de lui le fondateur de la physique statistique, mais surtout le découvreur des équations de l'électromagnétisme qui régissent tous les phénomènes électriques et magnétiques, de l'optique ondulatoire, de la propagation de la lumière et tous les signaux sous forme d'ondes qui permettent à vos téléviseurs et smartphones de recevoir et d'émettre de la vidéo, des images et du son.
Éduqué très religieusement, à huit ans, Maxwell pouvait réciter des versets des psaumes entiers de la Bible, et il a acquis de solides connaissances théologiques.
Le salut Biblique, vu par Maxwell, dans une lettre adressée à un ami :
"Je pourrais devenir plus méchant que n'importe quel exemple que l'homme pourrait me donner, si j'échappe à cela, c'est uniquement par la grâce de Dieu qui m'aide à m'en défaire, en partie grâce aux sciences, plus complètement grâce à la société, non parfaitement, à moins de m'engager totalement vers Dieu."
"The life of James Clerk Maxwell" Lewis Campbell and William Garnet - (1882) p189

Voici comment Maxwell considère sa religion dans une lettre adressée à son collègue Lewis Campbell, une critique virulente du paganisme :
"Je me réserve le droit de m'introduire et de supprimer les obstacles que les hommes ont mis sur la Terre Sainte.
je suis maintenant convaincu que seul un Chrétien peut enlever de son territoire ces obstacles. Je ne prétend pas qu'il n'y ait pas eu des Chrétiens qui aient placés de tels obstacles, beaucoup en ont mis certes, et chacun en a posé aussi, mais il y a d'importantes et extensives parties du territoire des Moqueurs, des Panthéistes, des Quiétistes, des Formalistes, des Dogmatistes, des Sensualistes, et le reste, qui sont ouvertement et solennellement tabous."
"The life of James Clerk Maxwell" Lewis Campbell and William Garnet - (1882) p178



L'ÉGLISE CATHOLIQUE LIVRE UN COMBAT SANS MERCI CONTRE LE NON RATIONALISME : DÉFAITE DU SYSTÈME ARISTOTÉLICIEN, DU MONISME ET DE LA MAGIE

La pensée héritée de la philosophie grecque païenne d'Aristote qui sclérose la science depuis plusieurs siècles, en confondant religion et science (monisme), va être attaquée de front par l'Église catholique dès le XIIIème siècle.




Discussion entre docteurs et théologiens de l'Université de Paris (miniature XVIème siècle)

Le 7 mars 1277, l'évêque de Paris, Étienne Tempier, condamne la doctrine d'Aristote en relevant "219 erreurs exécrables que certains étudiants de la faculté des arts ne craignent pas de traiter et de discuter dans les écoles".
Pour le physicien, chimiste, épistémologue et historien des sciences du début du XXème siècle Pierre Duhem, cette condamnation d'Étienne Tempier promulguée à l'Université de Paris marque le début du rationalisme scientifique :
"S'il nous fallait assigner une date à la naissance de la science moderne, nous choisirions, sans doute, cette date de 1277...Comprise comme une condamnation du nécéssitarisme grec, elle conduira nombre de théologiens à affirmer comme possibles, en vertu de la toute-puissance du Dieu chrétien, des positions scientifiques et philosophiques traditionnellement jugées impossibles en vertu de l'essence des choses...La notion d'un Dieu théologiquement puissant a libéré les esprits du cadre fini où la pensée grecque avait inclu l'Univers."

Au moyen-âge, l'Inquisition combat l'hérésie païenne, la sorcellerie et la magie, dans la droite ligne d'Étienne Tempier, elle va alors représenter une étape fondamentale pour démystifier les sciences occultes. L'Inquisiteur Bernard Gui au XIII-XIVème siècle explique dans son "Manuel de l'Inquisiteur" que :
"La peste et erreur des sorciers, devins et invocateurs des démons revêt, en diverses provinces et régions, des formes nombreuses et variées en rapport avec les multiples inventions et les fausses et vaines imaginations de ces gens superstitieux qui prennent en considération les esprits d'erreur et les doctrines démoniaques."



Dans son "Dialogue sur les deux grands systèmes du monde", le physicien Galilée a tenté lui aussi de continuer à mêler étroitement les Écritures Saintes et la science, comme le faisaient les païens grecs, en érigeant en vérité des hypothèses non vérifiables scientifiquement à l'époque, ce qui lui vaudra une condamnation par l'Église.
Par ailleurs, Galilée ignore volontairement et discrédite l’œuvre de l'astronome Johannes Kepler, qui a pourtant mené une analyse mathématique profonde des trajectoires des planètes, en arguant qu'elle « ne vaut même pas un pour cent de mes pensées ».


Giordano Bruno est un prêtre dominicain hérétique ayant vécu à la fin du XVIème siècle. Excommunié par l'Église catholique pour avoir
blasphémé contre la Sainte Trinité, Jésus Christ et la Vierge Marie, il a cependant continué de propager ses hérésies pendant plus d'une dizaine d'années à travers toute l'Europe malgré les avertissements répétés de l'Église.
Giordano Bruno n'était pas physicien, il rejetait la trigonométrie naissante, et considérait la rigueur des mathématiques appliquées aux astres et à la nature comme une hérésie et un mensonge.
Giordano Bruno paraît donc d’accord avec Aristote pour faire des mathématiques une science facilement accessible à l’esprit humain mais abstraite, qui ne permet pas de connaître les choses naturelles, et dont la pratique est vaine pour qui cherche à comprendre la substance des chose. Le "Cantus Circaeus" affirme ainsi l’inutilité de l’abstraction mathématique :
"Les sujets purement mathématiques ne peuvent être d’aucune utilité, dans la mesure où ils sont abstraits"

Pour Giordano Bruno, l'Univers est un tout formé d'objets interconnectés par des liens magiques, mêlant alchimie et ésotérisme, héritage de théories hermétiques non rationnelles, qu'il utilise pour discréditer l'Église catholique et tromper les bonnes âmes en Europe.
Dans des ouvrages tout aussi incantatoires les uns que les autres, comme "De la magie", Giordano Bruno explique comment les démons nous parlent, et enseigne une doctrine moniste où toutes les choses de la nature, des pierres aux plantes ont une âme. Ce qui empêche tout raisonnement rationnel et scientifique  :
"Il y a analogie avec la situation de qui désire éveiller l'attention : à une certaine distance, il doit élever la voix, afin que ses propos parviennent par la voie auditive au sens interne de l'autre : alors que de près, il suffit de murmurer à l'oreille. Un démon n'a pas besoin de la voix, ni même du murmure : il pénètre directement le sens interne, comme on l'a dit. C'est ainsi que les démons envoient des songes, font entendre des voix et voir des choses étranges, mais aussi suggèrent à l'état de veille certaines pensées dont nous ignorons qu'elles nous sont dictées par une force extérieure, tantôt inculquant une vérité par énigmes, tantôt la signifiant plus nettement ; s'appliquant peut-être, d'autres fois, à nous tromper."

"Venons-en maintenant à des questions plus précises. Les mages ont pour axiome qu’il faut, en toute œuvre, garder à l’esprit que Dieu influe sur les dieux ; les dieux, sur les corps célestes ou astres, qui sont des divinités corporelles; les astres sur les démons qui sont gardiens et habitants des astres - au nombre desquels est la Terre; les démons sur les éléments, les éléments sur les corps composés, les corps composés sur les sens, les sens sur l’animus, et l'animus sur l’être vivant tout entier : ainsi descend-on l’échelle."

Giordano Bruno n'est donc pas un scientifique, il propagera ses théories irrationnelles mélangeant ésotérisme et religion, qu'il s'acharnera à faire passer non pas comme des hypothèses, mais comme une vérité absolue.
Les thèses de Giordano Bruno peuvent aujourd'hui prêter à sourire, mais à l'époque, elles constituaient un obstacle considérable à l'avancée de la connaissance scientifique.

Polémique autour de la condamnation au bûcher de Giordano Bruno

Pour ses thèses hérétiques, Giordano Bruno a été emprisonné et jugé pendant huit ans (1592-1600), il fut condamné par le pape Clément VIII et remis au bras séculier, pour le punir « avec autant de clémence qu'il se pourrait et sans répandre de sang ».
Jusqu'à preuve du contraire, il est difficile de croire que Giordano Bruno ait été brûlé à Rome en place publique le 17 février 1600.
D'une part, parce que l'Inquisition n'avait jamais fait brûler personne à Rome jusque là, et que d'autre part, parce que cet événement aurait eu un tel retentissement public, que l'on aurait eu à disposition plusieurs sources qui relateraient ces faits (l'imprimerie existait déjà).

Le seul document existant sur la mise au bûcher de Giordano Bruno est une copie d'une lettre soi-disant écrite par Gaspard Schopp éditée dans le livre "Machiavellizatio" publié en 1621, (donc 21 ans après les faits) dont on ne connaît ni l'auteur, ni l'éditeur.
En 1680, un érudit connu sous le nom de Nicodemus essaya de vérifier les assertions de Jean Ursin dans la lettre de Schopp :
« Le sieur Nicodème, dit Bayle, dans ses Additions à la bibliothèque de Naples, dit qu’on ne sait pas certainement si tout ce que Jean Ursin débite est véritable. Voilà qui est singulier. On ne sait pas, au bout de quatre-vingts ans, si un Jacobin a été brûlé à Rome en place publique pour ses blasphèmes. Il n’y a pas loin de l’incertitude à la fausseté dans les faits de cette nature."
Donc, en 1680, on est déjà incapable de prouver que Giordano Bruno ait été brûlé en place publique ! Si un tel événement aussi tragique avait eu lieu, comment aurait-t-il pu échapper aux humanistes de la Renaissance, aux écrivains, et aux philosophes de l'époque ?


Statue de Giordano Bruno, érigée par le sculpteur et Grand-Maître du Grand Orient d'Italie, l'anticlérical Ettore Ferrari, sur la place Campo de Fiori à Rome en 1889.

Il est tout à fait ironique ici de constater
le renversement des valeurs.
Giordano Bruno, icône censée incarner auprès des franc-maçons, athées et "libre-penseurs" le combat de l'esprit scientifique contre l'obscurantisme de l'Église catholique, était en fait un véritable adorateur des mages, pratiquant l'alchimie, l'ésotérisme et la sorcellerie, puisque il se vantait de pouvoir communiquer avec les démons. Ce que l'Église catholique condamnait !

Giordano Bruno est aujourd'hui une représentation symbolique caractéristique de l'errance de l'athéisme.


L'ÉGLISE CATHOLIQUE, INSTIGATRICE DE LA SCIENCE RATIONNELLE


Le physicien, mathématicien et théologien du Moyen-âge normand Nicole Oresme, formé au collège de Navarre fondé en 1304 par Jeanne reine de Navarre, a établi mathématiquement, dans son "Traité sur la configuration des qualités et du mouvement", la loi fondamentale du mouvement rectiligne uniformément accéléré, à savoir que si la vitesse à l'instant zéro est nulle, la distance parcourue est proportionnelle au carré du temps. Il est également à l'origine du principe d'inertie, un objet non soumis à une force, continue son trajet sans résistance  :
«quant Dieu créa les cielz, il mist en eulz qualitez et vertus motives aussi comme il mist pesanteur es choses terrestres, et mist en eulz résistances contres ces vertus motives. Et sont ces vertus et ces résistances d'autre nature et d'autre matière que quelconque chose sensible ou qualité qui sont ici-bas. Et sont ces vertus contre ces résistances tellement modérées, attrempées et accordées que les mouvements sont faits sans violence, et excepté la violence, c'est exactement semblable quant un homme a fait une horloge et il la laisse aller être mue continuellement selon les proportions que les vertus motives ont aux résistances et selon l'ordonnance établie...»

Les études d'Oresme ont été diffusées dans toute l'Europe, en Italie surtout, mais aussi à Vienne, Heidelberg et Cologne, comme l'attestent les registres de ces universités.
Sa démarche n'a donné lieu à aucune interdiction, il sera même récompensé pour son travail, et nommé évêque de Lisieux en 1377.
L'histoire oublie ainsi trop facilement l'apport des maîtres du moyen âge qui ont contribué à enrichir un terreau d'où ont germé nombre d'idées modernes.

 


Description d'une éclipse de lune par Nicole Oresme dans son "Traité de la sphère" (vers 1350)

La révolution copernicienne : le retour de l'héliocentrisme





Tout comme ses prédécesseurs catholiques, le chanoine polonais Nicolas Copernic va remettre en cause au cours du XVIème siècle les fondements du modèle aristotélicien, en évitant d'y mêler les Saintes Écritures.
Après étude de ses propositions par l'Église, Copernic sera félicité par le cardinal Schönberg pour l'élaboration du modèle héliocentrique dans une lettre adressée le 1er novembre 1536, en ces termes :
"J'ai appris que non seulement tu connais admirablement les découvertes des anciens mathématiciens, mais que même tu as constitué une doctrine du monde, selon laquelle la terre se meut, tandis que le soleil occupe le lieu le plus bas et, par conséquent, le plus central de l'univers."
Son œuvre maîtresse, "De revolutionibus orbium coelestium", qui reprend des travaux marginalisés des grecs Aristarque de Samos entre autres sur la rotation annuelle de la terre autour de soleil, sera dédicacée au Pape Paul III.
Son étude constitue une rupture radicale avec le système géocentrique d'Aristote, et ne déclenche pas de protestation au sein de l'Église, car ses propositions sont présentées comme des hypothèses scientifiques, contrairement à Giordano Bruno, qui ne considérait l'Univers que sur les bases de la magie et l'ésotérisme, ou Galilée, qui affirmait en vérité quasi théologique son héliocentrisme.




Le mathématicien, physicien et astronome Johannes Kepler, contemporain de Galilée, est le premier à avoir extirpé la substantifique moelle du mouvement des planètes, travail basé sur une étude très fine des relévés de leurs positions (il consacrera plus de dix ans sur ce sujet).
- « Chaque planète se meut autour du soleil dans une orbite plane et le rayon vecteur mené du soleil à la planète décrit des aires égales en des temps égaux. »
« La courbe décrite par chaque planète est une ellipse dont le soleil occupe l’un des foyers. »
« Les carrés des temps des révolutions des planètes sont entre eux comme les cubes de leurs distances moyennes au soleil. »
On remarque qu'il n'y a plus de religion dans l'énoncé de ces lois, et que le modèle aristotélicien qui a fait tant de mal à la science vole en éclat, les orbites ne sont plus circulaires, mais elliptiques.

A noter que même Kepler n'échappera pas à la mise à l'index par l'Église catholique de certains de ses ouvrages, parce qu'ils reprennent en partie les mêmes théories pseudo-hermétiques non scientifiques de l'Univers, dans lesquelles Kepler soutient à son tour que la Terre a une âme, puisqu’elle serait soumise à l’harmonie unificatrice des astres.
Dans "l'harmonie du Monde" (1619), on peut trouver par exemple des élucubrations du genre :
« La Terre chante Mi, Fa, Mi : on peut même déduire de ces syllabes que sur notre terre la MIsère et la FAmine règnent »

La magie, l'ésotérisme, la sorcellerie, seront expurgés progressivement des thèses scientifiques dès la fin du moyen-âge par l'Église catholique, ce qui obligera les penseurs, mathématiciens, physiciens, astronomes et philosophes à décorréler la science de la religion et du mysticisme païen moniste.
La pensée scientifique rationnelle était née.